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Knowledge is Power

Le papier a de la valeur. Il est renouvelable, personnel et utile. Plus nous savons de choses à son sujet et plus nous sommes en mesure de faire des choix intelligents lorsque vient le temps de nous en servir. Choisissez un article dans notre Centre de connaissances et lisez-le. Vous pourrez ainsi découvrir quel rôle le papier joue dans la protection de la forêt, le recyclage, l’apprentissage, la préservation des documents financiers et même dans la recherche d’emploi. Il se peut que ces articles vous réservent des surprises. Il se peut que le papier fasse plus de choses que vous ne le pensiez.

Paper Because

Parce qu’il est plus facile d’apprendre sur du papier.

Il est indispensable de savoir lire pour vivre, apprendre, travailler et pour tant d’autres choses encore.

C’est sur du papier qu’on lisait jusque vers la fin du 20e siècle. Mais l’arrivée de l’ordinateur et, plus récemment, d’appareils comme les téléphones intelligents et les lecteurs électroniques, a changé bien des choses, et plusieurs personnes lisent en partie à l’écran. D’une part, personne ne remet en question le côté pratique de l’internet et la masse d’information que celui-ci met à notre disposition. D’autre part, les experts sont en train de découvrir qu’il est plus facile, à maints égards, d’utiliser des documents imprimés si vous cherchez à apprendre quelque chose.

Aux quatre coins du monde, des chercheurs et des spécialistes de l’alphabétisation, de la mémoire et des processus cognitifs, de l’apprentissage verbal, de la neuroscience et de la communication humaine se penchent sur cette question :   « Comment assimilons-nous le mieux l’information ? Sur du papier ou à l’écran ? ». Jakob Nielsen se spécialise dans l’utilisation web et il a remarqué « que les supports en ligne se prêtent à un traitement plus superficiel de l’information. Vous n’apprenez pas en profondeur ; vous surfez simplement sur la vague de l’information. »1

Dans un article intitulé The Decade Google Made You Stupid, Douglas Rushkoff, auteur et professeur de l’université privée The New School, fait allusion à un phénomène similaire qu’il a appelé le « trouble déficitaire de l’attention Internet ». Il fait remarquer que nous ne ralentissons pas lorsque nous lisons des choses sur un ordinateur et que nous n’approfondissons pas non plus la matière2.  Nous parcourons le contenu en faisant souvent deux choses à la fois sans assimiler grand-chose.

Un certain nombre d’études se sont penchées sur la question de l’apprentissage à l’écran.

Commandité par Amazon, le projet pilote Kindle DX en est une. Il s’est déroulé dans sept universités un peu partout aux États-Unis. Cette expérience en classe a donné lieu à quelques résultats intéressants au sujet du lecteur électronique Kindle DX, quoique décevants pour le commanditaire. De 75 % à 80 % des étudiants de MBA de la Darden School of Business de l’université de Virginie qui ont participé à l’étude, ont dit qu’ils ne recommanderaient pas le dispositif Kindle dans le cadre d’un cours en classe. Michael Koenig, directeur du programme de MBA à Darden, a expliqué que, d’après les étudiants, le lecteur électronique était trop rigide pour suivre le rythme rapide d’une classe. Les étudiants ont ajouté qu’il n’était pas simple, au contraire des supports papier, de passer d’une page à une autre, d’un tableau à un autre ou d’un document à un autre.3

Parallèlement, les étudiants de l’université de Princeton ont dit que le climat de la classe « se détériorait en quelque sorte » lorsqu’on utilisait un lecteur électronique plutôt que des manuels imprimés. Ils ont admis que les discussions en groupe étaient difficiles en l’absence de documents en papier et qu’ils avaient du mal à retrouver le matériel électronique plus tard au cours du semestre. De plus, à leur avis, le fait de ne pouvoir prendre des notes efficacement sur un livre électronique les empêchait de retenir aussi bien la matière.4

Dans le cadre d’une autre étude menée cette fois à l’université Reykjavik, 40 % des étudiants ont fait remarquer que « [le livre et l’ordinateur] étaient des outils différents et tout aussi utiles l’un que l’autre », alors que 70 % des répondants ont dit qu’il était préférable et plus facile d’apprendre dans les livres qu’à l’ordinateur.5

On peut donc se demander pourquoi les gens semblent préférer lire un document imprimé plutôt que virtuel en ayant par ailleurs l’impression qu’ils apprennent mieux de cette façon. Un travail publié par le Rank Xerox Research Centre de Cambridge6 vient confirmer l’idée que les lecteurs aiment avoir la possibilité de prendre des notes et de souligner certains passages. Les lecteurs considèrent aussi qu’il est plus facile de s’y retrouver dans des pages imprimées que dans un document électronique ou en ligne qui exige, lui, l’utilisation du défilement en présentant en outre des distractions. Selon les chercheurs de la Wayne State University, on peut lire 10 à 30 % plus rapidement sur du papier qu’en ligne grâce en partie au fait qu’il est plus facile de suivre constamment où nous en sommes rendus sur la page.7 L’étude de Cambridge a en outre conclu qu’il est nécessaire de faire un résumé pour apprendre et que, pour faire un résumé, il est nécessaire de comprendre un sujet en profondeur, ce qui est souvent plus difficile en ligne.

Le papier existe depuis près de 2 000 ans et il a fait ses preuves : c’est un moyen efficace et durable de transmettre l’information. De fait, les livres continuent de jouer un rôle d’apprentissage primordial dans l’avenir de nos enfants. D’après une étude récente publiée dans Research in Social Stratification, les enfants qui grandissent dans un foyer où il y a beaucoup de livres poursuivent leurs études plus longtemps que ceux qui grandissent dans un foyer où il n’y en a pas. Et ce, indépendamment du pays où ils ont grandi et du niveau de scolarité ou socio-économique de leurs parents.8 Inversement, une autre étude menée auprès d’élèves de l’école publique en Caroline du Nord avance qu’un enfant de cinquième à huitième année qui a accès à un ordinateur à la maison obtient de moins bons résultats en maths et en lecture parce que l’ordinateur le distrait sans doute de ses devoirs.9

Il ne fait aucun doute que les ordinateurs sont un outil éducatif moderne très précieux et que les lecteurs électroniques sont susceptibles de se tailler un jour une place dans la classe. Les étudiants d’aujourd’hui semblent toutefois encore préférer étudier sur une page imprimée. Et plusieurs experts s’accordent pour dire que le papier est non seulement plus convivial, mais qu’il est également un outil d’apprentissage plus efficace.

Les références sont en en anglais

1    
What Gets Lost When our Finances Go Paperless, Barbara Kiviat
2    The Decade Google Made You Stupid, Douglas Rushkoff
3  
  Darden Shares Results of Kindle Experiment  
4    
The E-reader pilot at Princeton
5   
Books vs. e-material What is the deal?  (information accessed through paid subscription)
6    A Comparison of Reading Paper and On-Line Documents, Kenton O’Hara and Abigail Sellen, Rank Xerox Research Centre in Cambridge, 1997
7    
Reading Online or on Paper: Which is Faster? Sri H. Kurniawan et Panayiotis Zaphiris, Wayne State University, 2001
8    
Growing up with Books Boosts Child’s Education Attainment
9    
Scaling the Digital Divide: Home Computer Technology and Student Achievement, Charles T. Clotfelter, Helen F. Ladd et  Jacob L. Vigdor, Duke University,  29 juillet 2008